The Oengus Projekt : Les enfants tranquilles de la cold-pop éthérée

The Oengus Projekt, formation musicale française, est proche des genres pop-atmosphérique et heavenly voices. Ses sonorités majeures oscillent entre ambiant et dream-pop contemporaine.Y collaborent Céline (composition, paroles, chant), Camille (paroles, chœurs), Eric (arrangements, voix contre-ténor) et de manière ponctuelle Mitch (mix, mastering). Leur premier single « Red skies » mélange anglais, grec, langage imaginaire et elfique et propose un son plutôt bien léché ! Le résultat est enchanteur. L’équipe, audacieuse mais tranquille, passionnée de fantastique, projette de se réunir trois fois l’an en studio pour produire de nouveaux titres. « Oengus » signifie vigoureux en irlandais… Et pour leur premier clip ils nous emmènent en Islande. Un groupe à vocation internationale donc !

  • Qui sont-ils ?

Voix cvisuel 2élestes, réverbérations éthérées et mélodies mystérieuses, voici la facture de The Oengus Projekt, groupe dont la particularité est de varier ses collaborations d’une prod à l’autre, pour les arrangements et la voix « invitée ». Son premier single (produit et diffusé sur toutes les plateformes)sobrement intitulé « Red skies » envoûte par sa mélodie lancinante et la voix de femme-enfant de sa chanteuse, Céline Schmink, une familière de la presse musicale et de la radio depuis quatre ans puisqu’elle tourne avec deux albums solo (Paris-Memphis et Lil’wild ones) et s’est fait connaître aux USA lors d’un duo avec le chanteur californien Chris’M.

Cette « expérimentatrice » passionnée d’autoharp et de folk, a baigné toute son adolescence dans la cold-wave avant de se tourner,  si paradoxalement, vers l’étude de la théologie à Strasbourg dans sa jeunesse. C’est une photo d’elle, en noir et blanc, à 20 ans, qui orne la pochette du disque. Une personnalité contradictoire à observer en clair-obscur : cette artiste définie de « multi-talent » par le magazine Keyboard KR ou de « grande de la chanson » par Radio RVB possède plusieurs visages et naturellement plusieurs sons. On aime ou on n’aime pas mais force est de constater que son « petit public » devenuvisuel3 grand, lui est très fidèle. C’est le personnage nature, sa voix non formatée et sa capacité à mener des projets artistiques si différents qui séduit. Et si, à en croire les paroles « pimentées » de son album perso, la crise de foi est bel et bien passée, elle a laissé une certaine inspiration mystique et une aura céleste à l’artiste. Un charisme finement exploité au sein de The Oengus Projekt…
Céline mixe ici anglais, langue imaginaire, elfique et grec et nous prouve que la passion des sons « nashvilliens » et celle des compos aux voix éthérées sont – eurêka ! – compatibles. « Ce n’est tout simplement pas le même projet musical ! » explique-t-elle, un brin agacée par les parallèles incessants entre son travail en solo et son investissement au sein du groupe.

Aucun doute « Red skies » est un titre harmonieux, mélodieux et soigné qui dose correctement la voix lead cristalline et légèrement mystique de Céline, celle de contre-ténor d’Eric et les chœurs de Camille (baryton) qui partage aussi la vie de la chanteuse depuis sept ans. Camille pose sur le chant de Céline une voix grave « à la Nick Cave » (dixit la chanteuse). L’arrangement parle de lui-même : guitare, basse, violoncelle, synthé et piano. Niveau émotion, celle-ci est parfaitement rendue par le timbre atypique et fragile de Céline qui pourrait bien, au final, ne rien avoir à envier à des chanteuses bien connues dvisuel4u mouvement Anti-folk (tout aussi créatives mais nécessairement plus « marketées »)… si ce n’est l’option Maison de disques ! Dans cette belle autoproduction, l’imagination fourmille, encore et toujours et sous des cieux rougissant, un elfe passe… On a apprécié le traitement léger en studio et le fait que les voix restent planantes mais naturelles et non « maquillées » à outrance à coup de filtres magiques. Et la réverbération éthérée clean et heureuse, bien-sûr.

C’est un challenge de taille qu’ont relevé Céline (Composition, voix), Camille (Chœurs), Eric (Arrangement, voix de contre-ténor) et Mitch (Mix et mastering) : celui de créer une formation apte à produire de la pop éthérée frenchie sans s’encombrer de clichés ni de lieux communs mais en pleine liberté… Ils sont tellement nombreux, gaélisants ou non, à avoir tenté le diable sur le chemin des chants célestes et éthérés… Nous demeurons, quant à nous, dans l’attente de l’album des enfants tranquilles de la pop éthérée à la française, un jour prochain, peut-être…

  • 4 questions à The Oengus Projekt:

Céline, tu as produits plusieurs albums avant de te lancer avec The Oengus Projekt. Comment en es-tu venue à cette formation musicale ?

Céline : – The Oengus Projekt est une collaboration à part puisque je tourne en pro avec mes albums. La musique est mon unique métier, je vis sans filet de sécurité contrairement à d’autres artistes autoproduits. Le groupe complète et nourrit ma créativité. J’ai débuté avec de l’électro-pop symphonique poétique. Mon premier disque pressé, lancé en Australie et choisi là-bas par une marque de mode pour ses défilés, parlait de Garbo et Montmartre. Le second « Paris-Memphis » a été produit en partie à Los Angeles. Par la suite j’ai produit seule un album (« Lil’wild ones »), en voix et autoharp qui rencontre un vif intérêt sur la toile et en concert. Lorsque le single « On Larrabee » au son éthéré est sorti, plusieurs fans m’ont fait la réflexion que ma voix pourrait se prêter à d’éventuelles heavenly voices. Fascinée dans ma jeunesse par la cold wave et ayant un peu bourlingué en festivals d’été en Angleterre, Allemagne et Belgique, je me suis frottée aux dentelles noires et aux sons Heavenly voices très tôt et c’était un vieux rêve de me pencher dessus un jour. Celui qui partage ma vie depuis 7 ans et qui fut flûtiste, Camille, mon mari, m’a rejoint dans l’aventure. Pour moi il chante comme Nick Cave et en a de faux-airs d’ailleurs (rires) ! Puis nous avons fait appel à Eric, un arrangeur qui chante très bien et dont la musique est aussi l’unique métier. Il est passé par l’Opéra.  Il a été notre invité pour les voix « contre-ténor ». Enfin, nous avons travaillé avec Mitch qui bosse à l’américaine, pour le mix et le mastering.

« Red skies » est composé en anglais, langage imaginaire, elfique et grec ! C’est original ! Comment avez-vous fait ?

Céline : – Cela remonte à ma « crise de foi », vers mes 25 ans, je suis retournée me former à la fac de théologie. J’avais besoin d’apprendre, besoin de rigueur et probablement de redéfinir ma vie, de trouver mon Appel, ce que j’ai finalement fait avec la musique! J’ai étudié l’hébreu, le grec ancien, le latin et certaines cryptographies. Sans être une intello, j’aime m’instruire. Je me suis réveillée avec un air en hébreu dans la tête, je suis une véritable éponge à émotions et énergies. Tout ce que je ressens et étudie me revient sous forme de chansons qui s’imposent à moi. Je l’ai enregistrée sur mon Tascam, c’était céleste et prenant ! Lorsque j’ai monté The Oengus Projekt, j’ai chanté la chanson mais comme je ne veux plus parler de religion, j’ai recherché des mots anglais, grecs et elfiques assez proches au niveau de la sonorité.

Que dit la chanson ?

Camille : – Elle parle d’une partie de chasse qui se prépare au crépuscule. On ressent que des vies vont s’éteindre et que l’injustice va hélas frapper à l’aveuglette. Céline déteste la chasse, c’est peut-être ça le truc ! Notre totem est le cerf, et sur la pochette elle pose avec feu sa souris Lacrimosa, à vingt ans ! Sinon, la chanson décrit un peuple qui vit dans les arbres, qui joue de la harpe, qui aime la musique et qui s’épanouit sous la lumière des étoiles. Une jeune fille se perd dans cet univers. Une brise se lève alors sur tout ce petit monde. C’est une tornade fantastique qui leur promet à tous un jour nouveau… Bref, c’est sombre mais romantique.

Pourquoi avoir choisi ce nom « The Oengus Projekt » ?

Camille : – « Oengus » signifie vigoureux en irlandais. Nous souhaitions un nom qui dise que nous sommes là pour durer même si nous produisons peu. Il faut dire qu’à côté Céline a déjà une carrière musicale extrêmement prolifique  et est de plus en plus sollicitée. Elle est tête d’affiche en festival cette année, continue son « cosy tour », est appréciée des radios anglophones, notamment en Irlande où un show lui a été consacré. Après l’Australie, via un réseau de radios étudiantes, et tout le Sud-Ouest de la France, elle commence à être diffusée en Belgique. Elle est distribuée au Japon et toujours diffusée aux USA grâce à son duo avec le californien Chris. Il nous faut du temps libre donc. Le mot « Projet » démontre que ce que l’on fait va se concrétiser peu à peu. Ayant des origines germaniques, Céline a mis le mot en allemand ce qui a donné « The Oengus Projekt », un projet déterminé et vaillant en quelque sorte qui mixe les couleurs de chacun.

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