SPITZER : nouvel album disponible !

On nous a souvent demandé s’il n’était pas difficile de faire de la musique entre frangins. Un peu comme si ce devait être nécessairement compliqué. Pourtant, quoi de plus naturel pour deux gamins qui découvrent et apprennent la musique ensemble, qui partagent la même fascination pour la mythologie Rock n’ roll, qui rêvent un jour de monter sur scène ?

Passons les cours de solfège et la guitare classique. C’est au collège que notre premier groupe prend forme et composer devient vite une motivation. Nos années lycée sont marquées par le Rock 90’s, Slash est notre héros et Radiohead notre groupe préféré. Les répétitions s’enchainent avec détermination et les démos K7 s’entassent pendant près de 6 ans, avant le split tant redouté, et avec lui la fin de l’adolescence. Jusqu’ici, pas de musique électronique. Trop mécanique, un truc de Djs…
Pas très original, la lumière viendra de l’autre coté de la Man- che, de l’écurie Warp, d’Aphex Twin et Boards of Canada en particulier. Tout un univers musical sensible apparaît alors: on achète notre premier sampler, Jackson & His Computer Band sort Smash et le mélancolique Fahrenheit Fair Enough de Telefon Tel Aviv tourne en boucle dans notre walkman…L’électronica nous séduit.
En lyonnais d’adoption, ces années d’exploration correspondent aux premières éditions du festival Nuits Sonores, qui viennent mettre
de la techno sous nos fenêtres et nous poussent à (enfin) mettre les pieds en club, encore récemment terrain ennemi. La claque est retentissante et l’expérience trop physique pour être vraie. Nous sommes directement emballés par l’aspect hypnotique de cette musique. Faute de groupe, nous décidons de troquer guitares et batterie contre synthés et ordinateur.

A deux, juste pour essayer.

Nous voilà donc en colloc à bidouiller nos logiciels. Un pote s’improvise manager et Spitzer nait en 2007. Ces années où trois titres sur une page Myspace suffisaient à affoler les blogs. En plein raz-de-marée Frenchtouch 2.0, l’énergie punk et saturée déployée par cette nouvelle musique nous fascine.
Quelques démos en ligne plus tard, voilà que Kylie Minogue herself s’intéresse à notre petite affaire familiale. L’improbable remix de son single In My Arms (Parlophone) en 2008 sera la première sortie officielle de Spitzer, celle-là même qui nous fera jouer à Copenhague, Sydney, New- York et ailleurs sans avoir sorti le moindre maxi.
Adoptés par la scène locale, nous jouons pour la première fois au festival Nuits Sonores et notre live est remarqué par le lyonnais Agoria, alors co-fondateur du tout nouveau label InFiné. En 2009, nous remixons Sonar, le single d’Aufgang, notre toute première sortie sur le label. Les dates s’enchaînent (Shanghai, Moscou, Berlin, Barcelone, Istanbul…) et nous sortons en 2010 notre premier maxi Roller Coaster, adoubé par Laurent Garnier, Joris Voorn, Max Cooper et plein d’autres types dont nous n’avions même jamais entendu parler.
Les atmosphères d’alors sont techno et progressives, James Holden et Apparat règnent en maitres quand nous décidons de plancher sur ce qui deviendra notre premier album. Le titre est vite trouvé, The Call
et, à l’été 2012 nous sortons notre single inaugural, Sergen. Le propos est clair: mêler le pouvoir hypnotique de la techno à l’énergie électrique du rock. Les influences viennent aussi bien de Morricone que de la minimale berlinoise.

The Call sort donc en septembre 2012, soutenu par deux clips et des critiques encourageantes (Noise, Les Inrocks, The Drone, Drowned in sound…). Nous défendrons ce premier album sur scène pendant deux ans (Rex, Electron, Nuits Sonores, Astropolis, C/O Pop, la Machine du Moulin Rouge…). Nous allons notamment assurer la première partie de Vitalic sur sa tournée, jouer à la toute première Boiler Room lyonnaise; nous allons aussi proposer une création aux Nuits de Fourvière et clôturer les Transmusicales... plus nous tournions, plus notre live gagnait en efficacité, et plus nous avions le sentiment de nous singulariser.
Cependant, au gré des dates, une certaine frustration s’est installée. Nous commencions à nous sentir bridés par le diktat du dancefloor, tant dans l’interprétation scénique que la composition. Certains titres de The Call étaient même injouables dans ce contexte tandis que de nouvelles idées grondaient déjà…
Nos remixes officiels (Erotic Market, Kylie Minogue, Grand Blanc..) ou pirates (PJ Harvey, The Clash, Portishead..) ont souvent été des occasions délibérées de travailler avec du chant, un peu comme si nous chantions par procuration. Il restait à franchir le cap, trouver un élément déclencheur car l’envie était là. L’enthousiasme de nos proches pour une première chanson spontanée, Monkey (talkie), nous poussera à assumer cette nouvelle posture, et chanter s’avèrera déterminant. Autour de cette intention, le nouvel album, Loose Cannons, se dessine enfin.
Cette exaltation à écrire des chansons se confirme au fil des compositions. On se met à griffonner des paroles, à chercher des mélodies entêtantes, puisant directement dans nos influences indie-rock et post-punk. L’approche de ce second long format se veut donc plus concis, parfois frontale. Le chant s’engage sur des basses profondes et cycliques, les nappes brumeuses soutiennent des leads synthétiques pour une sorte de périple Heavy Wave.

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