Ghern nous propose une version retravaillée de son titre « Les Rochers »

Toujours habité par un démon new wave, voilà que le parisien Ghern nous propose une version retravaillée de son titre « Les Rochers » : une pépite pop déguisée en dance-track, rappelant autant Joy Division que Bashung dans sa période « Novice ». Ainsi les guitares « curiennes » laissent place à des synthés analogiques qui devraient parler aux admirateurs de Depeche Mode ou John Maus. Avec ce nouvel extrait de son maxi Fortune sorti chez Roy Music cet été, Ghern fait entendre sa voix dans la pop française nourrie d’indie anglo-saxonne.
Pour habiller ce titre, Ghern réalise lui-même une vidéo dans laquelle il convoque des figures fortes et populaires (Bruce Lee, Dumbo ou encore la Reine d’Angleterre…). Cela commençait pourtant par un inquiétant volcan en éruption… Mais voyez plutôt par vous-mêmes comme il est possible, entre une soirée gothique et une partie de ping pong, de faire écho à la King Kong Théorie.

Ghern est de retour avec Fortune, son nouvel EP, sorti sur le label Roy Music. Plus acoustiques, plus fragiles et étoffés que les précédents, les nouveaux titres de ce songwriter pourraient bien former les six chapitres d’une même histoire. Celle d’un jeune homme maladroit que la Fortune, qu’on dit aveugle, aura tout de même distingué dans la foule.
En se réfugiant le plus souvent possible dans sa bulle créative, Jerome Ghern continue d’aiguiser son art en solo et partage ses chansons et vidéos sur Youtube, à l’unité. A son rythme. Le fantôme de Bashung et son rock sépulcral, jamais très loin. Daho non plus, tel un antéchrist, avec sa pop salvatrice. Difficile de ne pas les entendre roder dans l’EP Réconcilier qui paraît en 2016 sur son propre label, Phonomagic. Dans ce même élan, il décide de ne plus s’encombrer de son prénom — pour ne garder que son nom : Ghern.
L’EP Fortune s’ouvre avec Sauve qui sauve, une bossa bricolée et inattendue où l’on peut entendre s’accorder tout un orchestre, mais aussi grincer la petite chaise en bois sur laquelle Ghern a enregistré toutes ses guitares. L’espace est intime et l’effet, immersif.
Vient alors une ode à la musique. A ces tubes qu’on écoute à fond dans la bagnole, la vitre baissée et le coude qui dépasse. Fraîche ballade d’un entrain insolent, En finir avec toi, solaire et directe avec ses paroles bien ciselées, résonne comme un hommage au regretté Hubert Mounier.
La route se poursuit avec Hôtel, une chanson andalouse et surréaliste. La guitare est flamenco, le piano est bancal… La basse est free. Ghern se confie, désabusé. Si tout était à refaire ? « Je ferais tout, tout, tout, différemment ».
Sur Les Rochers, c’est un démon new-wave qui possède notre personnage. Groove froid. Bass synth et ambiance lunaire. Avant que la tension ne redescende sur  Calavera, où quelques mots de l’ordinaire sont habillés d’une folk apaisée.
Puis, comme l’aveu d’une immense désillusion, Je pensais venir de l’espace. Morceau final aux allures post-rock. L’histoire d’une rencontre, alors que la mer et le sable se sont jurés de tout recouvrir, et que la Fortune, en un instant, change notre vie de cavalier de naissance — ou de mérite.

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